Tu as voulu tuer la mélancolie mais tu n'as eu qu'un suicide. Cette fade introduction te choqueras par l'emploi du « tu » que pour la première et dernière fois je t'abandonnes: alors que nous n'avons jamais été aussi loin je m'autorise cette marque d'amitié, car je me rend compte enfin de la promiscuité de nos relations trop rapidement avortées.
Toi, qui en poussant la porte béante du bonheur a mis un terme à tout ce que tu étais; un homicide aussi impardonnable qu'il laisse en moi un amer sentiment de perte, une douleur que je tente de combler au contact de diverses confidentes. Aucune, pourtant, ne trouve la place que tu avais dans mon c½ur car jamais, je le confie aujourd'hui, je n'ai trouvé âme aussi proche de la mienne.
Tu avais ce qu'il faut de folie pour supporter mes délires psychotiques et juste assez de sagesse pour me conseillé des lieux communs auxquels toi même tu n'as jamais cru.
Tu avais ce don, cette sensibilité chère aux poètes. Tu savais la mettre en vers et j'aimais à lire cette poésie jumelle. Je suis triste à l'idée de ne jamais plus m'en régaler, et de la même façon, je pense continuer à t'écrire, de temps en temps, puisque je n'écrivais plus que pour toi, ta mort serviras d'exemple et je veillerais à moi même ne pas sombrer dans la joie.
Allégorie à la mélancolie, tu es partie, les yeux grands ouvert. Tu t'es offerte à la mort dans mon c½ur pour la liberté de la vie. Ce choix, ma douleur ne te le pardonneras jamais mais saches que mon égoïsme te laisses volontiers le paradis. Malgré tout si un jour tu cherches la résurrection, je te l'accorderais sans limite. Je n'ai plus rien à dire, vas maintenant, voles vers le paradis et prends mon bonheur, je te l'offre et prends ta mélancolie en échange, j'en prendrais grand soin, mais n'oublies pas qu'elle porteras pour toujours ton nom, Léa.